Cours ta ville // En Colombie avec Emmanuelle-Salambo Deguara

- Photos de Samuel Charlebois

Cours ta ville // En Colombie avec Emmanuelle-Salambo Deguara

Qu'est-ce qui t'a amené dans cette ville ?

Mon copain et moi on a toujours été intéressé par l’Amérique du Sud, le côté chaud, coloré, historique, sortir de notre quotidien. En Colombie, on pouvait découvrir la jungle, la mer, l’altitude et préparer l’Ultra-Trail Harricana où j’allais faire 80 km en trail. J’étais prête, mais je voulais cumuler du volume et m’acclimater à la chaleur, parce que l’UTHC cette année allait être très chaude. 

Raconte-moi brièvement ton voyage.

Après avoir atterri à Bogota, on a saisi toutes les opportunités de courir. En attendant le bus, on savait qu’on avait 2h de libres, on a pris nos objets de valeurs, on les a mis dans nos petits fastpack et on a visité la ville à la course.

On s’est ensuite dirigé vers le Parc National d'El Cocuy pour aller en altitude. Le froid nous a ramenés vers Carthagène, ville médiévale, à proximité de l’eau et de la chaleur, mais toujours en altitude. On a fait le Sommet El Pulpito del Diablo (18km à 4900m d’altitude). En altitude, c’est beaucoup plus de la randonnée en montée et du petit jogging en descente. 

Ensuite, on s’est rendu à Minca à environ 700m d’altitude. C’était la jungle, un climat humide, très chaud, dans la végétation super dense, des belles routes de trail, des chutes naturelles.

Enfin, on a terminé notre voyage dans le Parc National de Tayrona en mode trail touristique avec des arrêts de baignades.

Quel est ton parcours favori ?

Définitivement la boucle de Finca à Minca sur un parcours proposé par Strava. On est donc parti pour un 42 km en trail, dans un mixte de jungle et de ville en passant par des villages incroyables.

On part avec Dalma, le chien dalmatien de l'hôtel. C’est pas mal lui mon highlight! Les gens s’arrêtaient pour venir le voir et nous donner des conseils pour notre sécurité.

Nos 5 premiers kilomètres nous ont pris littéralement 1h. 

Ç’a été la course où j’ai été le plus stressée, parce que je ne savais pas à quoi m’attendre. Parfois, on ne voyait plus de chemin. Finalement, ça a vraiment bien été. C’est toujours déstabilisant de courir dans une nouvelle ville. D’avoir défié nos plus grandes peurs, d’avoir repoussé nos limites. Tu sors de cette aventure-là et tu découvres une autre personne en toi.

Est-ce une bonne ville pour la course ?

Ce n’est pas l’endroit idéal. J’imagine que les gens qui voyagent pour courir veulent être en sécurité et lâcher prise. C’est un endroit pour la découverte et pour sortir de sa zone de confort, mais pas la plus sécuritaire pour la course.  

Fun fact

Si tu veux te connecter avec les Colombiens, parle-leur de Pablo Escobar. Tout le monde est heureux de parler de lui. Même dans les taxis, il y a des livres sur lui. 

Qu'est-ce qui te fais courir ?

C’est la découverte de soi. Sans nécessairement sortir de ma zone de confort, je découvre toujours quelque chose sur moi. Même dans la constance, c’est l’acte de courir qui m’amène toujours un pas plus près de l’athlète et la personne que j'ai envie de devenir. 

La course m’apporte un équilibre de vie qui me fait me sentir bien. Avoir la meilleure santé mentale possible en lien avec toutes les sphères de ma vie, la course me ramène toujours à ça. 

Au travers de ces aventures, mes limites se redéfinissent. Ce que je pense être capable de faire est constamment en changement. Au final, ça peut être impressionnant, ce qu’on peut réaliser.