Satisfy : l’esprit punk au service de la course

Satisfy n’est pas une collection de vêtements de sport comme les autres. La faute à Brice, son fondateur, qui a fait infuser le vêtement technique dans la culture du skate et du punk pour en tirer une marque décalée, absolument unique en son genre. 
 
Brice Partouche n’a pas exactement la dégaine classique du coureur de fond.
  
On le dirait plutôt sorti d’un film d’archives sur l’histoire du rock et du punk. Du genre : client de l’aussi célèbre que défunt CBGB à New York, un soir de spectacle de Blondie, Television, Patti Smith ou The Ramones, circa 1978. Jeans ajustés et t-shirt vintage sur un corps filiforme, cheveux longs et abondants que n’auraient pas dédaignés les MC5.  
 
Il est pourtant bel et bien coureur. Et il est né très loin des centres urbains où se tramaient les grands élans de la contre-culture, bien après le baby-boom. 
 
« Je suis né à Grenoble, raconte le fondateur de Satisfy. C’est une ville entourée de montagnes. Assez jeune, là-bas, tu fais du ski, du snow, t’es en contact avec la montagne, tu baignes dans une culture très plein air, rando, escalade… Mais ça ne m’intéressait pas tant. J’aimais faire du skate et jouer de la musique. »
À voir les vêtements qu’il crée pour la course, on devine rapidement que son univers ne s’est jamais tellement éloigné de ceux qui l’animaient dans sa jeunesse. « C’est une culture! Le skate, c’est pas vraiment un sport. C’est un prétexte pour être avec tes potes. Il n’y a pas de gagnant. Pour moi, la course à pied, c’est pareil », dit celui qui vit désormais à Paris et préfère courir en solitaire, aux abords du canal Saint-Martin, s’arrêtant parfois, au terme de sa sortie, au café qu’il possède dans le Marais, nommé Ob-La-Di. Oui, comme dans la superbement psychédélique pièce tirée de l’album blanc des Beatles
 
Miraculé de la médecine
 
Malgré ses 44 ans, Brice n’a pas du tout l’allure empruntée du vieux qui se la joue jeune. L’esprit de sa jeunesse l’habite visiblement, lui conférant plutôt l’air d’un sage punk. Son attitude extrêmement détendue invite à la conversation, qu’il alimente d’ailleurs avec verve. 
 
Il relate ainsi, en rigolant, la radicale bifurcation professionnelle qui l’a finalement mené vers l’univers de la mode.
 
« Je voulais être chirurgien. J’ai donc entamé des études de médecine… que j’ai rapidement abandonnées », raconte-t-il en riant de ce qui lui apparaît visiblement aujourd’hui comme une aspiration un peu absurde. D’autant que son avenir s’annonçait ailleurs.
 
Adolescent, il avait fondé une petite marque de skate et faisait produire des t-shirts en quantités confidentielles pour ses amis. Son père avait une entreprise de conception et de fabrication de jeans. La musique, elle, s’imprime comme un motif récurrent sur sa vie : il en jouait, elle le passionnait. Elle percole dans tout ce qu’il fait.
 
Comme on l’imagine mal en train d’opérer au son des Minor Threat ou sirotant un Boulevardier dans un cocktail de chirurgiens, on le devine parfaitement à sa place dans le monde de la musique et de la mode.
En 2000, sur les traces de son père, il lance sa marque de jeans : April77. Comme ce sera plus tard le cas avec Satisfy, l’iconographie et l’esprit rock y sont omniprésents. 
 
« Je me suis beaucoup intéressé à l’histoire de cette musique, mais plus largement aussi, aux mouvements culturels qui en découlaient et de quelle manière ça affectait la mode. Par exemple : comment les jeunes, à différentes époques, détournaient les vêtements militaires et d’autres types d’uniformes. »
 
Lorsqu’il se met à la course à pied, sous l’influence de sa petite amie du moment, il constate qu’il manque une chose cruciale à ce sport : des vêtements qu’il aurait envie de porter et qui répondraient non seulement à son look, mais aussi à ses principes issus du punk. La confection équitable, le véganisme.
 
C’est là que naît Satisfy, dont il exposera les grands principes qui en font le succès, en plus de nous en dire plus long sur sa pratique de coureur, dans notre prochain texte lui étant consacré. 
 
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